Pourquoi vous allez adorer « L’été où je suis devenue jolie » (et vous vous détesterez pour ça)

Lecture 3 min.

Vous avez adoré A tous les garçons que j’ai aimés, le hit romantique de Netflix ? Vous allez adorer L’été où je suis devenue jolie, nouvelle série phénomène de Prime Video qui a détrôné le hit The Boys. Outre le titre à rallonge, les deux oeuvres partagent aussi la même auteure, Jenny Han, et un genre aux codes excessivement formatés : la comédie romantique pour adolescents. Ne vous y trompez pas, la série n’a rien d’un chef d’oeuvre. Elle se regarde comme on lit un mauvais roman d’amour sur la plage, pleinement conscient de sa nullité et tout bonnement incapable d’arrêter. 

L’été où je suis devenue jolie n’est pas grand chose de plus que ce que dit son titre. On y suit Isabel, aka Belly, une jeune fille de seize ans qui passe chaque été ses vacances avec son frère, sa mère, et une famille d’amis sur l’île de Cousins. Sauf que cet été, Belly a changé, elle est devenue jolie ; comprenez qu’elle a bazardé ses lunettes et qu’on lui a retiré son appareil dentaire. Commence alors l’été de toutes les tentations pour la jeune fille, prise dans le feu des hormones et dans une lutte fratricide entre Jeremiah et Conrad, les deux amis de la jeune fille qui remarquent soudainement son charme irrésistible. 

Sur le papier, rien de bien nouveau. Un triangle amoureux, un décor de carte postale type station balnéaire américaine, une maison très magazine de déco et une avalanche de bienveillance. Une combinaison irrésistible pour tout préado normalement constitué. La série a l’intelligence de mettre en avant une héroïne d’origine asiatique au physique classique et plutôt crédible pour son âge, au même titre que Lara Jean dans A tous les garçons que j’ai aimés. On peut aussi souligner une volonté minime mais louable de mettre à jour le genre avec la bisexualité franche et assumée et Jeremiah. Un léger vent de fraîcheur dans un ensemble autrement figé par des décennies d’idéal romantique standardisé.

Surtout, l’intérêt de la série réside essentiellement dans ce charme désuet de comédie romantique poussiéreuse et malaisante, un mélange subtil de candeur limite imbécile et de nostalgie mal placée. La série a le goût des premières fois, maladroite, oubliable mais bienheureuse. On s’y engouffre volontiers sans prêter attention aux énormes ficelles scénaristiques ni aux grands moments de gêne. On pardonne aussi le jeu quelque peu navrant des acteurs, qui s’avèrent crédibles malgré eux en ados maladroits. On pardonne enfin les tropismes usés jusqu’à la corde ici repris pour ne pas trop détonner. A la fin, reste seulement le plaisir du temps perdu et la satisfaction d’avoir débranché son cerveau le temps d’un été. 

En résumé, si vous vous ennuyez cet été, que vous aimez la plage, les maisons familiales, les gens beaux, les histoires mièvres pour ne pas dire débiles et les acteurs approximatifs, cette série est de toute évidence faite pour vous. Attention toutefois à ne pas trop l’apprécier. 

Mathias Chouvier

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