Top 10 des meilleurs films d’horreur et de genre français

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Le cinéma d’horreur est incontestablement le genre le plus délaissé dans le paysage cinématographique français. Alors que dans des pays comme les États-Unis, l’Espagne ou encore certains pays asiatiques comme la Corée du Sud ou le Japon, le cinéma de genre trouve un terrain fertile pour s’épanouir, il peine à trouver sa place en France. Il existe plusieurs explications à ce phénomène. Premièrement, ce sont des films difficiles à produire dans le système de financement français puisqu’ils ne bénéficient pas de préachats télé. Or, les chaînes sont très réticentes à acheter des films qui seront très certainement interdits aux moins de 12 ans (dans le meilleur des cas). Ensuite, culturellement, ce n’est pas un genre qui attire le public français en salle. Alexandre Aja, réalisateur français de films d’horreur, affirmait qu’ « Il y a quelque chose de culturel, que je n’arrive pas à m’expliquer. Même quand les films se font, ils deviennent des films cultes à l’étranger, mais pas chez nous. C’est le cas pour À l’intérieur, Martyrs, ou même Haute tension, qui n’a pas vraiment marché en salle, alors qu’il a été un succès à travers le monde ! ». Pour autant, il existe bel et bien un cinéma d’horreur en France qui vaut la peine d’être découvert. En voici un top dix. 

10 – ogre d’Arnaud Malherbe (2021)

Véritable coup de cœur au Festival du film fantastique de Gérardmer, Ogre est l’une des meilleures découvertes de cette année 2021. Au rythme d’un conte et sur fond de drame social de désertification des campagnes, nous voilà plongés dans le quotidien de Jules et sa mère, récemment installés dans un petit village de campagne pour fuir les démons du passé. À travers les yeux de l’enfant nous tâtonnons entre rêve, cauchemar et réalité dans ce nouveau monde qui s’offre à eux. Ogre est sublime esthétiquement, mais aussi dans la subtilité de son propos sur les névroses de l’enfance et les traumatismes du passé. Une métaphore onirique dont on ressort bercés, comme si une fable nous avait été contée. La maîtrise du son est d’une très grande justesse.

9 – Teddy de Ludovic et Zoran Boukherma (2020)

Dans les Pyrénées, un loup attise la colère des villageois. Teddy, 19 ans, sans diplôme, vit avec son oncle adoptif et travaille dans un salon de massages. Teddy est une satire sociale qui utilise habilement la figure du loup-garou pour dénoncer l’exclusion sociale et le mal-être d’un adolescent évoluant dans une zone rurale délaissée. Une comédie horrifique aussi touchante que décalée. 

8 – La Nuée de Just Philippot (2020)

La Nuée n’est autre qu’un drame social, nourri de problématiques écologiques, qui mue petit à petit vers le film d’horreur et fantastique. Le scénario nous décrit de manière réaliste et âpre le quotidien d’une mère de famille, qui, pour sauver son exploitation agricole, décide d’élever et de vendre des sauterelles comestibles. Le désespoir de cette dernière pour rendre cette exploitation rentable la plongera dans la folie. 

7 – Le Colline a des yeux d’Alexandre Aja (2006)

Il est rare que le remake d’un film puisse surpasser l’original. Pourtant, La Colline a des yeux détrône The hills have eyes de Wes Craven, sorti trente ans auparavant. Alexandre Aja nous plonge dans le désert du Nevada, au cœur d’une zone délaissée et réputée radioactive, où une famille américaine se retrouve piégée. Sous nos yeux s’engage alors une traque sans merci, violente, dérangeante et gore. Aja dépoussière le genre du survival pour nous offrir un film d’horreur désormais culte. 

6 – Ghostland de Pascal Laugier (2018)

Triplement primé au festival de Gérardmer en 2018 en décrochant notamment le Grand prix, Ghostland est doté d’un scénario particulièrement intelligent et troublant qui invite le spectateur à douter sans cesse de la réalité et du déroulé de l’histoire. Peut-être le film le moins gore de notre sélection, il n’en demeure pas moins l’un des plus angoissants. Il explore la psychologie et le syndrome post traumatique d’une mère – brillamment interprétée par Mylène Farmer – et de ses deux filles, suite à leur agression en pleine nuit à leur domicile par des inconnus masqués. 

5 – À l’intérieur d’alexandre bustillo et julien maury (2007)

À l’intérieur possède sans doute le scénario le plus simple mais aussi le plus intrigant de tous les films de notre liste. Une jeune femme, veuve, passe seule le réveillon de Noël, jusqu’au moment où quelqu’un vient frapper à sa porte. Derrière, une femme prête à tout pour arracher l’enfant qu’elle porte en elle. D’une violence inouïe, d’un gore assumé, avec une Béatrice Dalle absolument terrifiante, ce film est un cri d’amour au cinéma de genre. 

4 – ils de Xavier palud et david moreau (2006)

À première vue, le synopsis de Ils semble ressembler à n’importe quel autre film d’horreur : un couple trentenaire expatrié en Roumanie, habite depuis peu une maison isolée en banlieue de Bucarest. Une nuit, ils reçoivent d’étranges appels téléphoniques. Débute alors une nuit cauchemardesque. Le tour de force des réalisateurs est de livrer un film comme nul autre, terriblement prenant et avec un des meilleurs twists du cinéma d’horreur. En effet, qui sont ces intrus, ces Ils

3 – Martyrs de Pascal Laugier (2015)

Sur l’affiche originale, trône un avertissement : « Interdit aux moins de 16 ans, ce film inflige des images extrêmement éprouvantes sur le supplice d’une jeune femme. Sa vision comme son interprétation requièrent des spectateurs préparés et distancés ». Martyrs est devenu une balise du cinéma de genre, ahurissante fiction animée d’une grande mélancolie. Le film livre une expérience rare, très physique, durant laquelle nous suivons le calvaire d’une jeune fille torturée par ses bourreaux, pour des raisons qui sont occultées au spectateur jusqu’au dénouement final. Il s’agit d’un film extrêmement référencé, qui demande au spectateur un certain recul pour être pleinement apprécié.

2 – Grave de julia ducournau (2016)

Avant la Palme d’Or, avant Titane, il y avait Grave. Premier long métrage de Julia Ducournau, Grave a marqué le cinéma de genre français à jamais en dépoussiérant tous les codes et les attentes que l’on peut avoir en visualisant ce type de films. Grave raconte la vie de Justine, végétarienne, forcée à consommer de la viande lors d’un bizutage qui a lieu dans son école vétérinaire. Le sang est ici une métaphore d’un désir refoulé. Entre quête d’identité et plaisirs charnels, Ducournau signe un film jusqu’au-boutiste et radical. 

1 – Haute Tension d’alexandre aja (2003)

Si Haute tension est un bel hommage à la terreur viscérale et réaliste des classiques des années 1970, tout comme Massacre à la tronçonneuse, il marque – au début des années 200 – un tournant dans le paysage cinématographique français. Alexandre Aja parvient à réaliser un slasher, un survival, dans la campagne française, avec une identité propre. La performance de Cécile de France est remarquable, elle entretient l’ambiguïté morale et sexuelle autour de son personnage. Philippe Nahon est quant à lui terrifiant. Le dénouement est absolument déroutant, ce qui donne sans doute le film le plus angoissant qu’il soit. Haute tension est certainement le meilleur film d’horreur français. 

Aude-Charlotte Escalera

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