47ème cérémonie des Césars : Bilan

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Depuis bientôt deux ans, le septième art pâtit d’une situation sanitaire tendue. Pendant près de trois cents jours les salles de cinéma ont été contraintes de fermer leurs portes. Puis, de nombreuses restrictions ont freiné leur reprise.

Ce contexte tout particulier n’empêche pas la France de célébrer cette discipline qui lui est chère. Le 25 février dernier, la mythique salle de l’Olympia accueillait un public quelque peu particulier. Les fans exaltés et autres admirateurs qui peuplent habituellement la fosse ont cette fois été priés de rester sur le palier pour laisser leur place aux plus grands éléments du cinéma français et international.

Le boulevard des Capucines a revêtu sa tenue de fête pour l’occasion. Paré de tapis rouge, il a vu évoluer sur son asphalte le spectacle traditionnel d’une des plus grandes soirées dédiées au cinéma. C’est ici que s’est déroulée la 47ème cérémonie des Césars.

Vous n’avez pas jugé bon de passer votre vendredi soir au fond du canapé ? Ou peut-être êtes-vous tombé dans les bras de morphée au fil des 3h15 d’émission ? Soyez rassurés, l’équipe Salles Obscures est là pour vous faire le bilan. 

Césars, morne cérémonie

Pour sa 47ème édition, les Césars ont misé sur un show sobre, qu’ils voulaient sans esclandre. Présidé par la scénariste et réalisatrice Danièle Thompson (Le code a changé (2009),  Cézanne et moi (2016)) et présenté pour la dixième fois par Antoine de Caunes, le spectacle nous a laissés sur notre faim. À peine rythmée par quelques running gags et autres tentatives d’amusements, la soirée est restée très plate.

Cet objectif manifeste du politiquement correct semble avoir fini de vider de son âme une cérémonie qui, au fil des années, tombait déjà en lambeaux. Devenue l’arène du pathétique, la scène de l’Olympia a vu défiler de nombreux combats entre une production réticente et des intervenants prêts à tout pour délivrer leur message, ou simplement faire parler d’eux.

À la recherche d’un « moment de télévision », l’humoriste Marie s’Infiltre n’hésite pas à soulever sa robe pour laisser voir inutilement une paire de fesses avant de délivrer une tirade tendancieuse. Silence dans la salle. Antoine de Caunes semble avoir laissé son grain de folie au placard. Excepté l’habituelle querelle entre l’animateur et l’acteur José Garcia – qui s’est glissé dans l’orchestre et n’a pas hésité à faire intervenir un groupe de Mariachi en pleine cérémonie – le tout manque de piquant. Antoine de Caunes s’érige en maître du temps, rappelant sans cesse à l’ordre les vainqueurs aux discours qui s’étalent. 

Un palmarès prévisible

Deux grands gagnants se démarquent :  le superbe Annette réalisé par Leos Carax, qui avait déjà fait du bruit à Cannes l’an passé et Illusions Perdues de Xavier Giannoli. Avec respectivement cinq et sept statuettes, dont celles de la meilleure réalisation pour Leos Carax et celle du meilleur film pour Illusions Perdues, les deux géants du box-office ont laissé peu de chance aux autres nommés. Des récompenses amplement méritées, certes, mais qui n’empêchent pas une certaine lassitude pour les téléspectateurs pour qui l’effet de surprise s’est peu à peu évaporé.

Face à ces mastodontes, les autres récompensés ont tout de même réussi, par leurs discours vivifiants et leur joie communicative, à apporter beaucoup de fraîcheur à ce terne défilé. Le sacre d’Anamaria Vartolomei comme meilleur espoir féminin pour son époustouflante performance dans L’Événement est une délicieuse satisfaction. Tout comme celui d’Aïssatou Diallo Sagna, aide-soignante repérée lors d’un casting sauvage, comme meilleure actrice dans un second rôle dans La Fracture.

De leur côté, Valérie Lemercier et Benoît Magimel ont su séduire le jury et décrocher les titres de meilleure actrice et meilleur acteur pour leurs rôles dans Aline et De son vivant.

Quelques invités de marque ont également répondu présents comme Adam Driver, resté bien sagement assis au premier rang comme tout bon élève, et l’époustouflante Cate Blanchett à qui a été remis le césar d’honneur.

En conclusion, il apparaît nécessaire de souligner l’importance de laisser la parole aux professionnels du cinéma, à ceux qui ont la force de créer, de réunir, de partager. Il serait bon de parfois mettre de côté l’attrait pour le spectacle, pour la réaction, au profit des simples témoignages. Comment ne pas revenir sur le superbe hommage de Xavier Dolan à son ami, l’acteur Gaspard Ulliel, décédé le 19 janvier dernier. Il faut également saluer les discours poignants d’Ismaël Joffroy Chandoutis, (meilleur court-métrage documentaire pour Maalbeek), de Nelly Quettier (meilleur montage pour Annette), d’Arthur Harari (meilleur scénario original pour Onoda, 10 000 nuit dans la jungle) et celui de l’équipe du Sommet des dieux (meilleur film d’animation).

Enfin, nous vous invitons évidemment à jeter un œil à l’ensemble des films nommés et récompensés qui prouvent chacun la force du cinéma français.

Lou-Ann Auvray

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