Julie (en 12 chapitres) ou l’hymne à l’incertitude

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Sorti le 13 octobre en salles, le dernier film du Norvégien Joachim Trier n’a pas manqué de faire sensation à Cannes où son actrice principale, la lumineuse Renate Reinsve, a raflé le prix d’interprétation féminine. Son incarnation du personnage de Julie nous porte vers les désirs contradictoires et la sinueuse quête d’épanouissement d’une jeune femme dans un roman d’émancipation et d’indépendance.

Renate Reinsve, actrice du film « Julie (en 12 chapitres) » réalisé par Joachim Trier et présenté en Compétition au Festival de Cannes 2021, photographiée à Memento à Cannes le 8 juillet 2021.

L’âge des possibles 

Julie a presque trente ans. Elle a lâché les études de médecine pour la psycho. Et puis, finalement, ça sera la photographie. Mais, c’est décidément trop compliqué de s’y frayer un chemin. Alors, elle se contentera d’un modeste poste de vendeuse en librairie un moment… le temps de trouver autre chose. Julie se cherche. Elle cherche un métier, une vocation, un amour, des réponses. En douze capsules de vie, elle a le temps de tomber plusieurs fois amoureuse, de déménager, de faire des choix qu’elle finit par regretter.

Sous ses airs de comédie romantique légère, le nouveau long-métrage de Joachim Trier nous interroge sur un large éventail de sujets, de la pression de la maternité aux relations amoureuses à l’ère de #Metoo, en passant par les limites de l’art face à la société du XXIème siècle. En deux heures de récit, le cinéaste offre le temps qu’il faut à son spectateur pour se contempler dans le miroir d’une génération. 

Dans un Oslo à la lumière douce, Julie est à la quête d’une vérité, qui est la sienne. « J’ai l’impression d’être la spectatrice de ma vie » souffle-t-elle dès le début du film. La liberté peut parfois faire peur. Elle sait ce qu’elle ne veut pas faire ou être mais elle ne sait pas ce qu’elle veut. Ce champ de possibles, elle va l’explorer, autant qu’elle le peut, avec la spontanéité qui la caractérise.

Une love story au XXIème siècle ?

Face aux choix existentiels que Julie doit affronter, l’amour reste le grand drame de sa vie. Le film interroge alors le mythe de l’amour ultime. Notre âme sœur nous attend-t-elle quelque part ? Tout serait-il une question de bon et de mauvais timing ? La fin heureuse existe-t-elle vraiment ? 

A travers des dialogues bien ficelés (notamment la scène de rencontre avec Eivind ou la scène de rupture) et des scènes sensorielles où le temps se fige ou la réalité déformée, Joachim Trier propose une relecture subtile et juste de la comédie sentimentale. 

Parce que trente ans c’est bien l’âge où se caser. Les amis du premier compagnon de Julie, Aksel, ne manquent pas de le lui rappeler. Lors d’un week-end dans un chalet, enfermée entre quatre murs, Julie est comme en captivité. L’écart d’âge de dix ans avec son amant devient alors un problème. Lui, stable, dessinateur de bande-dessinée à succès, rêve de fonder une famille. Elle, impulsive et festive, ne veut pas d’enfants. 

Malgré les drames personnels qui s’enchaînent et dans lesquels chacun peut se reconnaître (la relation chaotique avec un parent, la perte d’un proche, la rupture amoureuse), Julie (en 12 chapitres) réussit toujours à nous rassurer par l’humour et la chaleur de ses personnages. 

En bref, Julie (en 12 chapitres), c’est un réconfort, c’est de l’espoir, comme pour dire « tu vois, ce n’est pas si grave finalement, c’est la vie ». 

Marie Guennou

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