Panic : Improbable cross-over entre Riverdale et le jeu de l’oie

Nouvel essai en matière de série du côté d’Amazon Prime, pour un résultat plutôt… inattendu. Basée sur le roman éponyme de Lauren Oliver, Panic raconte l’histoire d’un groupe d’ados dans la petite ville de Carp, au Texas. La particularité de cette ville ? Chaque été, après leur remise des diplômes, les terminales ont la possibilité de participer à un jeu, le fameux Panic, dont le principe est grosso modo de mettre les candidats à l’épreuve de leurs plus terribles peurs. Toute l’année, ils se cotisent pour faire grossir la récompense du jeu, qui s’élève donc à plusieurs dizaines de milliers de dollars. Deux juges, faisant office de maîtres du jeu, sont désignés par les deux juges de l’année précédente, et un percepteur s’occupe de garder la cagnotte, étant précisé que l’identité des juges et du percepteur sont tenues secrètes. Le jeu commence par un saut de l’ange du haut d’une falaise et se poursuit par une série d’épreuves farfelues et foncièrement dangereuses, jusqu’au duel final. Des candidats sont éliminés au fur et à mesure jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que deux. Voilà pour les bases, un concept plutôt malin et distrayant. 

Sauf que cette année, rien ne va plus. L’an dernier, deux joueurs sont morts. Abby et Jimmy, un charmant petit couple. Abby s’est faite écraser en tentant de traverser l’autoroute les yeux bandés, un destin qu’elle aurait sans doute pu prévoir. Quant à Jimmy, il n’a pas eu de chance à la roulette russe. Ces deux morts ont attiré l’attention de police qui compte bien cette année mettre un terme à ce jeu stupide. C’est dans ce contexte que Heather, Nat, Dodge et Ray décident de participer au jeu, pour diverses raisons comme la vengeance, la pauvreté ou la stupidité. 

Les personnages sont, à quelques exceptions près, de véritables clichés ambulants. Il y a la jeune fille belle mais pauvre qui se révèle être une redoutable candidate alors que tout le moindre la croyait faible. Il y a aussi le mystérieux nouveau qui cache la raison de sa participation au jeu, le délinquant qui se révèle être un mec plutôt sympa, le meilleur ami un peu lourd et la meilleure amie prête à tout. Les acteurs font de leur mieux dans cette partition connue de tous mais ne brillent pas par leur performance. Notons tout de même les débuts du fils de Jack Nicholson, Ray Nicholson, qui incarne Ray, mais qui n’a pas (encore) le talent de son père. Tout l’intérêt de la série repose donc sur son séduisant concept, que le script parvient miraculeusement à maintenir en vie jusqu’à la fin, bien que le dénouement laisse présager une deuxième saison, et donc forcément le pire.

La réalisation n’est pas particulièrement remarquable mais la série réussit tout de même, grâce à ses épreuves flippantes et son suspens haletant, à se poser en divertissement honorable, franchement addictif et idéal pour les heures tardives. L’intrigue est téléphonée mais réussit finalement à surprendre, notamment dans son dénouement, et le scénario parvient à construire des personnages attachants dont il est plaisant de suivre l’évolution. Finalement, Panic est une série au concept séduisant, mise en scène avec panache, pas exempte de défauts certes, mais qui constitue tout de même l’un des meilleurs plaisirs coupables de ce début d’été. Netflix avait lancé les hostilités avec Outer Banks, Prime contrattaque avec éclat. Un partout, la balle au centre. 

Mathias Chouvier

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